samedi 22 janvier 2011

Chapitre 8 : les rêves



Ah que la vie est belle ! Je rentre juste d’une bonne mission, j’ai un chéri que j’aime et qui m’aime, j’ai une famille qui m’aime et prend soin de moi, j’ai plein d’amis et je passe ma journée à m’occuper de mes neveux, que demande le peuple ? Pour moi ma vie était on ne peut mieux, rien à redire ni changer.
J’avais des vérités que je tenais pour base sûre dans ma vie.
Max n’avait jamais caché ni à moi ni à personne d’autre, qu’il ne savait pas si l’histoire du fondateur des Mormons (Joseph Smith) était vraie et s’il était bien un prophète. Venant juste de rentrer de mission, donc ayant passé les 18 derniers mois de ma vie à raconter son histoire à des tonnes de personnes, puis à leur demander de prier pour savoir si elle est véridique ou non, il était de mon devoir de faire pareil avec mon chéri.
Il était très perturbé car il avait beau prié pour savoir, il ne recevait jamais de réponse. Je l’ai bien sur invité à continuer, à être patient, à ne pas perdre espoir et qu’avec le temps comme nous tous, il saurait que l’histoire est vraie.
J’ai grandi dans une famille où depuis toute petite, on nous enseigne cette histoire et nous l’entendons souvent le dimanche, pour moi il était évident que cette histoire soit vraie. Demander à propos de ça aurait été aussi bête que de demander au Seigneur si mes yeux sont vraiment bleus.
Je pouvais aussi voir la vérité grâce aux résultats : je me sentais bien, j’étais heureuse, je faisais de bonnes choses, tous des fruits qui étaient bons pour moi. Un bon fruit ne pousse pas sur un mauvais arbre.
Bien sur dans ma vie j’ai eu des doutes comme beaucoup de personnes, mais j’étais chanceuse d’avoir deux géants à mes côtés : ma mère et ma grande sœur.
J’ai toujours vu ma mère étudier les écritures toute la journée et comprendre des choses comme je n’aurai jamais pu le faire, donc si j’avais eu n’importe quelle question ma mère ou ma sœur aurait eu sûrement la réponse.
Pour moi il n’y avait rien à propos de quoi prier que je ne sache déjà, mais pour soutenir Max et par respect pour toutes les personnes à qui j’ai demandé de le faire pendant ma mission, j’ai décidé de prier pour savoir. Chacun d’entre nous, de son côté prierait pour connaitre la vérité à n’importe quel prix. Je n’avais rien à perdre puisque je connaissais déjà la vérité.

Cette prière était devenue très importante pour moi car elle aurait été le moyen de bien convaincre Max que c’était vrai, il était important qu’il le sache pour notre vie future. Comment j’aurai pu fonder un foyer avec lui s’il ne croit même pas en cette base. Nouveau converti dans la religion comme il l’était j’avais besoin d’être sûre qu’il y resterait toute sa vie. Et cela passait pour moi par le fait de croire en Joseph Smith. J’ai été une bonne missionnaire, et avec lui ça serait pareil, je l’aiderai. Consciente de la répercussion de cette prière sur notre ou plutôt sa vie future (moi qu’est ce que ça pourrait me changer ?) je l’ai prise très au sérieux. Afin de bien m’y préparer et de montrer ma détermination à savoir, avant de la faire, j’avais jeûné toute la journée. Puis le soir, agenouillée, j’ai prié Dieu. Comme je ne l’avais jamais fait auparavant. Comme je l’avais tellement enseigné pendant ma mission : de tout mon cœur, avec une foi réelle, prête à agir en fonction de la réponse peu importe si c’est celle qui me plaira ou non, effaçant tous mes préjugés, effaçant toutes mes vérités, honnêtement sans vouloir influencer la réponse dans un sens comme dans l’autre, prête à savoir à n’importe quel prix, si Dieu jugerait sage de me répondre.
Réponse ou pas, la prière m’avait fait du bien, j’avais appris une nouvelle façon de prier. Prier non pour ce que je veux ou ce qui m’arrange mais selon Sa volonté à lui, je mettais remise entre Ses mains, j’étais confiante. Et je suis allée me coucher…

Souvent nous ne nous rappelons pas de nos rêves, si oui, ils restent en général flous, nous oublions certain détail et surtout nous avons conscience que ce n’était qu’un rêve, donc non réel. Lorsque je me suis réveillée ce matin là, je me rappelai en détail de chaque partie de mon rêve très clairement comme jamais auparavant (et encore aujourd’hui en l’écrivant je constate qu’il est resté gravé très nettement dans ma mémoire), comme un souvenir que j’aurai vécu plutôt qu’un rêve. Je m’inquiétai pour ma mère, bien que sachant que c’était un rêve, je l’avais ressenti comme s’il s’agissait de la réalité. Je n’en avais pas alors compris la signification, mais il était d’une telle réalité qu’il me perturba vraiment. Le voici tel quel je n’ai rien rajouté, ni inventé (et bien sur je ne savais pas que Max avait prié et demandé au Seigneur que s’Il avait quelque chose à me dire, qu’Il me le dise dans mes rêves).


J’étais dans une voiture avec ma mère au volant, ma sœur et ses deux enfants à l’arrière, moi à l’avant avec la carte comme copilote. Je suppose qu’il était tard, car il faisait sombre dehors. Nous avions rendez-vous quelque part. Suivant bien les instructions de mon plan j’indiquai les directions à prendre à ma mère. Arrivés à un rond point je lui dis :
« Suis la direction centre ville » elle tourne à gauche la direction centre ville étant à droite. « Maman c’était à droite… bon pas grave ça arrive on va se rattraper. » je tourne et retourne ma carte pour trouver le chemin qui nous ramènerai sur la bonne voie. Nouveau rond point je lui indique la direction à suivre et elle part dans le sens inverse. MAIS ??!! Bon c’est re pas grave, je vais trouver un autre chemin au carrefour suivant car avec tous ces sens interdits jamais moyen de faire demi-tour ou marche arrière. De nouveau nous nous retrouvons au même rond point du début. Je lui re indique la direction et comme précédemment elle part dans une autre direction. Alors là c’en est trop j’explose :
« Mais tu fais exprès ou quoi ? Déjà qu’on n’est pas en avance, on ne va jamais y arriver. On tourne en rond, on n’avance pas là. Pourquoi tu ne suis pas ce que je te dis, c’est moi qui ai la carte non ? Ça sert à quoi que je te la lise ? Pourquoi tu fais ça à la fin ? Pourquoi ?»
Tout en même temps que je laisse exploser ma frustration, ma mère gara gentiment la voiture sur le bas coté. Puis lorsque j’eu fini, les mains sur son volant, le regard dans le vague elle me répondit d’une voix complètement neutre dénuée de tous sentiments :
« Parce que je suis aveugle. »
Quoi ??? Hein ??? Là c’était trop.
« Mais t’es complètement malade ! T’es inconsciente, tu conduis avec tes enfants et petits enfants dans la voiture alors que tu vois rien ??? Mais ça va pas, tu te rends compte du danger ? On aurait pu avoir un accident, pire on aurait pu tous mourir ! Tu ne vois rien et tu ne nous dis rien ? Tu trouves ça normal de conduire alors que tu es aveugle ? Inconsciente, vraiment. Fini, hop c’est moi qui prends le volant, puisque tu ne vois rien. Je conduis. »
Je suis choquée plus qu’énervée : elle ne se rend même pas compte du danger. D’ailleurs je suis la seule à trouver ça ahurissant, c’est bizarre : ma sœur elle dit rien, elle ne réagit même pas. Complètement passive, comme si c’était normal, même pas choquée. C’est elle qui a ses enfants dans la voiture et qui est enceinte pas moi ! Elle dort ou quoi ?
Bon je sors de la voiture pour prendre le volant, en plus il fait nuit noire maintenant. J’essaie d’ouvrir la portière du conducteur que ma mère avait fermé en descendant. Surprise, elle est fermée à clef. Je me retourne vers ma mère, c’est là que je me rends compte que ma sœur et tous ses enfants sont descendus aussi (pourquoi ils ont fait ça ceux-là ?).
« Maman pourquoi t’as fermé à clef ? Donne-moi la clef, on est déjà en retard. »
C’est alors qu’elle me répond, toujours d’une voix blasée, le regard dans le vague :
« Je ne les ai pas, elles sont restés sur le contact. »
Quoi ??? Et mon idiote de sœur a bien sur elle aussi fermé à clef les portières à l’arrière. Et ma portière s’est retrouvée elle aussi comme pas hasard fermée à clef.
« Génial ! Bravo les filles ! Et maintenant on fait comment ? Mais c’est pas possible, vous avez fait exprès ou quoi ? »
Alors que je m’énerve, agacée par le fait que l’on n’avançait pas et de leur impassibilité face aux événements, je me rendis compte que je parlais à deux murs, elles ne comprenaient rien, aucune conscience de la gravité de leur acte : ma mère nous mettant tous en danger et ma sœur la suivant en toute confiance, même devant l’évidence de l’erreur la supportant coute que coute.
Bon pas grave, je me calme, essayons de réfléchir. Je vais appeler quelqu’un pour qu’il nous conduise à la maison récupérer le double des clés, puis on revient et on repart. Je passe mentalement en revu qui serait susceptible de nous aider, personne, tous mes amis ne peuvent pas ou ne répondent pas lorsque je les appelle. Bon il n’y a plus qu’une solution : aller à pied à la maison et revenir à pied.
Le chemin m’a l’air très pénible : long car 2h de marche rien que pour l’aller, chaud car contrairement à là où nous sommes, dans la nuit noir, là-bas le soleil est déjà à son zénith. Je regarde ma mère : aveugle, je regarde ma sœur : enceinte jusqu’au cou, ses deux enfants accrochés à ses mains. Bon bah y a que moi qui puisse y aller. Je les laisse là immobiles dans la nuit noire. Je pars sous le soleil, décidée à revenir, pour qu’on puisse enfin arrivé à bon port.

Lorsque je me suis réveillée je n’avais pas compris la signification du rêve et encore moins que cela puisse être une réponse à ma prière de la veille. Pour moi, le problème était que ma mère avait peut-être eu un accident et qu’elle soit devenue aveugle. J’ai alors raconté mon rêve à Max. Il fut très surpris de la clarté du rêve. Pour lui la signification était évidente, et il fût étonné que je ne comprenne pas. Il m’avoua avoir prié pour que s’Il avait quelque chose à dire, qu’Il me le dise dans un rêve. Moi je n’y croyais pas un mot : mon rêve n’avait rien à voir avec ma prière. Puisque ce n’était pas la réponse que j’attendais.
La nuit suivante, je fis un autre rêve tout aussi dérangeant.

J’étais missionnaire. Mon président de mission vint nous voir, ma collègue et moi, il nous amena dans un jardin et nous présenta une grande maquette d’église du style celles des mormons. La maquette était presque finie il ne manquait plus que le toit. Il nous fût demandé de la terminer. Avec ma collègue et d’autres missionnaires, nous nous sommes alors mis à la tâche. Nous avons cloué plusieurs planches pendant un long moment et finalement nous avons terminé. Le jardin longé une route très fréquentée, la maquette géante était alors visible par tous ceux qui passaient sur cette route. Une fois notre travail terminé nous nous sommes retrouvés avec tous les « ouvriers » dans une pièce. Derrière une fenêtre je regardai la maquette.
Je vis alors mon président de mission arriver devant la maquette avec quelqu’un d’important (je n’ai pas vu son visage, mais je savais que c’était une autorité générale). Mon président tout content montrait la maquette finie à son visiteur. Puis effrayée je vis mon président ouvrir la porte de la maquette et inviter son invité à rentrer. Je m’écriai : « NON ! » lorsque je les vus rentrer tous les deux à l’intérieur de la maquette.
Devant ma fenêtre je criai de toutes mes forces :
« Non ne faites pas ça, c’est une fausse église, ne rentrez pas, elle est fausse, elle va s’écrouler, elle n’est pas stable, elle n’a pas de vraies fondations, je sais écoutez moi j’ai aidé à la bâtir !! Ne rentrez pas, sortez, sortez, elle est fausse, elle est fausse, elle est fausse… » J’avais beau crier de toutes mes forces, j’étais trop loin pour qu’ils m’entendent. Tous les autres missionnaires assistaient à la scène avec moi, mais j’étais la seule à avoir peur pour ceux qui étaient rentré. Car à mon grand malheur, des passants ayant vu la maquette commencèrent eux aussi à rentrer dedans. Je n’arrêtai pas de crier « elle est fausse, elle fausse ». Rien à faire, personne ne m’entendais car j’étais trop loin, et entre la vitre et le bruit des voitures qui passaient, mes cris étaient couverts. Je commençais à m’en vouloir de l’avoir finie. Je me sentais responsable et complètement impuissante alors que je savais que ça allait mal finir. A l’intérieur de la maquette, mon président de mission et son invité s’avancèrent jusqu’au centre de la pièce principale. C’est alors que les planches de bois craquèrent sous leur poids et ils tombèrent tous les deux dans un trou béant et je vis de derrière ma fenêtre la maquette prendre feu et brûler totalement avec tous ceux qui étaient rentrés dedans.

Lorsque je me suis réveillée ce matin là, les choses étaient différentes. J’avais compris. Mes yeux voyaient différemment. J’ai raconté ce nouveau rêve à Max, il a écouté mais s’est suspendu de tous commentaires.

La nuit suivante je fis encore un autre rêve malgré le fait que j’aie déjà compris, histoire de ne laisser qu’une seule interprétation possible des 3 rêves, ne me concédant plus que la liberté d’accepter ou refuser le message.

Nous avions un coin de feu (c’est une réunion) spécial ou un apôtre (pour ceux qui ne sont pas mormons, un apôtre est un haut leader de cette église) devait venir prendre la parole. Tout le monde était très enthousiaste de cet évènement (moi y compris), car ce n’est pas tous les dimanches que nous avons l’occasion de rencontrer un apôtre. Finalement arriva son tour de prendre la parole, j’étais toute ouïe et ce qui sorti de sa bouche pendant plus de 20 minutes ne fût que du charabia. Mais dans ses gestes, il agissait comme s’il disait quelque chose de très important. Je regardai autour de moi et personne n’avait l’air surpris comme je l’étais, certain avait même l’air de comprendre car ils hochaient de la tête au rythme des paroles. Pensant que c’était de moi d’où venait le problème, je me suis concentrée encore plus, mais rien à faire tout son discours n’avait aucun sens. A la fin de la réunion, je vis tout le monde se dire : « ah comme c’était bien, je me sens édifié. Vraiment j’ai ressenti l’esprit. Quelles paroles inspirantes… » J’étais choquée. Comment pouvaient-ils dire cela !

J’ai alors commencé à avoir besoin de savoir. Ces rêves ne me plaisaient pas, car ils ne m’arrangeaient pas. Ça ne pouvait pas être possible.
Pourtant dans ma prière, je m’étais engagée à n’importe quel prix. La peur s’est emparée de moi. Quoi faire ? Comment faire ? Comment parler à ma famille ? Comment ma mère le prendrait ? Et toutes les promesses que j’avais faites, j’étais sincère, pouvais-je revenir sur ce que j’avais promis, je sentais ma vérité en accord avec les choses que je connaissais, mais ma vérité, c’était La Vérité ? Et comment est ce que je dois être chrétienne si je ne suis pas mormone ? Qu’allait devenir ma vie ?
Pour moi, dans ma vie il n’y avait que du bon. Ce que je ressentais de bon, était vraiment bon selon Dieu ? Peut-être que c’était ça que voulait dire Jésus quand il reprit Pierre en lui disant : « arrière de moi Satan ! Car tu ne connais pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines » (marc 8 : 33). Néanmoins j’avais compris que Dieu attendait quelque chose de moi ; mais quoi ? Comment est ce que je pouvais le faire ? J’ai commencé par lire les livres mormons que j’avais avec moi, peut-être aurais-je trouvé quelque chose me montrant que tout cela n’était pas vrai, ce n’était que de simples rêves ne signifiant rien. Peut-être n’étaient-ils pas de Dieu, mais de l’autre côté. Mais tout ce que je lisais allait dans le sens de mes rêves, que ce soit dans le livre de Mormon, manuel de religion, manuel de l’école du dimanche…
Pendant tout ce temps, Max ne me disait plus rien; il savait qu’il devait me laisser seule ou un jour j’aurai pu lui reprocher de m’avoir influencé. De toute manière cela lui aurait été impossible, car trop d’années dans la même culture avec la même attitude renforcée par des sentiments plaisants, m’aurait rendu absolument bloquée à d’autres suggestions. Pas de logique, pas de faits, pas d’homme, rien ne m’aurait fait sentir ou voir les choses d’une manière différente. Et après pourquoi : juste pour perdre ma manière de vivre bien aimée?
Pour lui, et maintenant je le reconnais aussi, il n’y avait que Dieu qui pouvait m’ouvrir les yeux, pour voir les choses différemment.

Et je les ai vues totalement différemment dans l’espace de quelques jours et le plus surprenant pour moi fût que je découvrais de « nouvelles » choses qui avaient été toujours devant mes yeux. Comment pas le voir ? Où j’ai été auparavant ?

Depuis le début : la voix fantôme avec tout ce qu’elle a communiqué, qui s’est avéré être vrai, toutes ces plus qu’étranges coïncidences : le contact internet de Max, que mon président me fasse rester à Genève contre mon souhait, la femme borgne qui me prévint d’un homme déjà préparé du Seigneur qui m’attend et comment je devais faire pour le repérer, l’histoire de la bague, le fait que Max ait pu venir chez moi rendu complètement insensible à sa maladie, qu’il ait dû se faire baptiser dans l’église Mormone sinon évidemment je ne l’aurais même pas considéré comme un mari potentiel, qu’il se soit senti bien à l’église, et le fait que tous les deux tombions amoureux l’un de l’autre (même ça fût prédit par la voix fantôme depuis le début, « elle est ta femme, tu es son mari »…) et tous mes rêves. Même si on aurait voulu influencer tout cela dans un sens comme dans un autre, comment aurions-nous pu le faire ? Si vous croyez que c’est possible, essayez de le faire ne serait-ce qu’à moitié.
Seulement maintenant nous pouvons voir que tout était cohérent et convergeait dans le même sens, depuis le début. Et ça depuis la toute première phrase de la voix fantôme :

« Elle est ta femme, tu es son mari, je l’aime et …tu dois la protéger de cette église ».

Soit tout était faux, soit tout était vrai. Je ne pouvais plus penser que seul le début de cette phrase était vrai. Et ça, seulement parce que cela m’aurait arrangé.



FIN



dimanche 16 janvier 2011

chapter 7 : the trip to her




I was suffering from a disease of the kind that changes your life. Thinking about being able to make a ten hours train trip would have been in my condition the same that jumping from a plane without a parachute, going to catch another men with one, and all of this of course without having ever jumped from a plane before in your life. The kind of things only James Bond is comfortable with. I say this just to make you aware of the degree of difficulty and probability of me meeting her again.
But if our meeting had to happen something would have made it possible, if not …if not this adventure would have ended as I was frankly expecting. I was tired of trying to deal with things of strange nature, but of course something was making me patient. I say of course since the improbable if not the impossible was happening like a pen drops of your hand when you let it go.
I am of the same species of Thomas the apostle without the sainthood. So you can forget to make me believe in things. I have to have a direct and tangible fact that doesn’t have to be interpreted. The same kind if you have been hit by a vase. It hurts. You can say whatever you want about why it happened, but it happened. I am more interested in what happens not why. A reason now doesn’t give me an helmet for before. You could say you have been blessed so the next time you could avoid it, but for sure I am not going to walk with an helmet on all day, and I certainly prefer to suffer one day from maybe another improbable flower vase then becoming neurotic and suffering every day. I have to add that I have never in my life been the kind of new age men the kind of having the attitude to feel special things and having the presumption or maybe the real gift, who knows, of feeling the reality in a way unknown by common people. No, I am common people. So no voices, no sixth sense, no premonitory dreams. Anything of the kind would have only made me feel… better go and seek professional help. The most uncommon reality experience I had, it has been the gift of a bottle of wine that had to combine with the too many medicines I was taking for a terrible back pain.


For a person like me there is not a lot of complication how to find the secret way or technique to make a prayer valid enough for being taken in consideration.. Neither to put myself in that better inner position to make it work. “Lord if you want me to meet with this lady make me able to go there, if not just leave me the way I am.” I made just this simple and direct prayer.


One day, while as I was preparing myself to go out for a short walk the ghost voice came out from nothing as usual saying: "I gave it to you I take it from you."
The ghost thought (I could call it also ghost thought I guess) didn’t specify at all it was about my physical condition but I immediately felt no doubt it was about it. (For who still didn’t understand what was for me the ghost voice I repeat myself: it was of the same nature of thoughts, but it could be felt differently enough not to be confused with normal thoughts but not so different to be considered as something else, and always felt deeply believable and leaving me with a deep inner calm. I could have questioned a normal thought, but the ghost thought or voice was giving me the feeling of unquestionability even though was concerning something rationally improbable or absurd. My questioning about its messages didn’t have any strength. This is only what I can and will say. I don’t push any theory on who was the ghost voice since I would never know and I don’t want to add any sin on myself since up to now I have already done a good job).
So inside me I started believing I was able to go to visit her. Of course I was not sure, but as usual I was steered by something. And steered by something I decided with apparently no reason to have the blessing of the sick. So I contacted some missionaries that accepted to give me this blessing. I was waiting for them when I thought it was strange that the ghost voice was making me believing that I was healed to go to Charline and then I had the personal inspiration to ask for the blessing of the sick. For me it meant that the healing had to come from them, I supposed.
But the ghost voice made its presence: "It is not for you. It is for him."
For the experts I leave the meaning of this sentence. “It is not for you” is of an easy understanding, but “It is for him”… If it was referring to one of the missionary that came for the blessing I don’t know I can only guess.


The day of my three days travel arrived. I believed I was healed at least for this trip, but from believing it and being absolutely certain…there is a gap. So I had the same attitude of acceptation as the condemned has before going to his execution. I was in total acceptance of my destinity even though I was forecasting it extremely hard and unpleasant.
But there was nothing to do. It was like I had a shield. I was feeling some symptoms of my illness beginning to form but just before they could gain enough strength to be felt or suffered they were like dispersed by a blast of something. What an amazing feeling. I could clearly feel the presence of an unidentifiable nature that was managing everything with immense calm and strength. You feel this once you would like to have this feeling forever. You are small, almost nothing but at the same time invulnerable. And I felt all my trying to participate to this happening like a movement with no consequence; there was no access for me and my capabilities over that state.
Two different worlds. I was just a spectator of it.
I sunk in a complete and deep admiration of it.


I didn’t know if it would have last or not, but for that moment I was healed. I was going to her. And as you can expect, her family, especially her mother was really full of joy about my visiting her daughter.
Could you imagine how happy would be a mother of a 23 years old lady that start seeing a guy of 42 years old, with two marriages at his back and full of tattoos? You know the kind of joy.


Of course I didn’t pretend to be accepted. I was not a fool.


So it useless to say that we went through some bad moments. But apparently the more difficult was getting the more something was helping us to go through this phase. People full of wise human sense were trying to separate us but they were constantly making the perfect mistakes in talking or in their actions to make us more together.


I was able to visit her few times and apparently I was not suffering any more of my illness. Even though inside I was afraid it was just to visit her. I was expecting my state to come back after doing what I had to do. But I was hoping not.


Everything went extremely fast. It was scary since it was so fast and at the same time so normal. So the second time I have met with her I asked her if she wanted to marry me.


Since the only reasonable thing to do considering everything that happened was for us to get married we decided that was better for Charline to come in the city where I was living, so she could have tried to find a job before getting married.
She found a room where to stay but of course few people naturally gifted of a kind fantasy immediately thought she came to my place so we could loose the Spirit together doing unreligious things. You know the kind.

Sometimes been judged without evidence can be hard. For Charline was not easy to discover the nice side of humanity. I have lived with it all along my entire life so for me was just routine. Nothing to be surprised of.
We were nevertheless calmly happy. Our Mormon life was active as before. She was enthusiast as me so classes, lessons, every Sunday and Wednesday afternoon we were having pleasure in being there. But things were not going to stay that way.
One day Charline said to me: I had a weird dream.

“I was in your house. And as an extension of your balcony (5th floor) there was a straight bridge leading nowhere since it was stopping in the emptiness. Few people were already walking across it. I did the same. I went to its end, I stayed there for a while and finding nothing I started to go back. While I was on my way back, the end of the bridge started to collapse, and as everybody around me I started running. But the bridge was collapsing quicker then I could run and everybody started disappearing falling in a black void. Watching was was waiting for me I started running even faster. I was almost arrived to the other side when the ground opened under my feet; it was too late. I was falling…and coming from nowhere you came and grasped my hand and brought me to your balcony. You have saved me. This dream seemed so real it scared me. Luckily you where there”.

This dream was too explicit for me not to make a connection with the ghost voice first sentence.
I didn’t have to forget the last part of it. Now was directly her with her dream that was reminding me not to forget it.
“Charline I think there is a big problem. I have a very deep reason to believe we have to consider something very seriously.”
I felt I had to tell Charline about the ghost voice, and his first sentence. I told her the last part didn’t make any sense to me, but then why she had to make that dream and why she had to tell it to me? I asked her why I had to do it and how could I have been able to do it if I didn’t even knew the reason since for me there was not a reason why I had to do something like that. I told her this was really troubling me.
She was not shaked at all. Like she was absolutely sure my worrying was non sense. She said she didn’t think I had to do anything since she couldn’t see need of and if I had really to do something the Lord would have showed me how. So we just let it went in time will tell and not believe it too much was her preferred option.
Charline’s dream has been a very gentle reminder. But me trying not to pay attention to it apparently was not allowed, so very soon I started loosing my interior peace.
I was urged to do something I didn’t know. And what was becoming more clear to me was a risk absolutely unpleasant and unwelcome: our separation.
I couldn’t have any rest. Everything was becoming clear and also the risk to loose her.
I couldn’t accept the deny of the last part of the ghost voice first sentence any more. The feeling of even trying to do it was absolutely unbearable. It was like I had been made all at once intolerant to my own deny.


I told Charline we had to do something together. Everything had to come to its end, everything had to achieve whatever it was and it had to be done right now. Dead end: no time left.
I really was sure that what would have happened would have been a great risk to separate us immediately or would have put the base for us to separate in the future. I was in the bathroom ready to take a shower and thinking that the future could have been really inconvenient for me. “I made you free. If you love her, you make her free.”
The ghost voice was right. But the risk of allowing freedom is major one, since the management of freedom is a risky task which results are completely out of control. But love I guess is also accepting the risk of losing the love of loved ones.
And this was the last time I had the ghost voice. This was its last sentence
Of course I had to do it, It didn’t matter if I would have lost everything, I had to do it all. I couldn’t avoid to do just what I didn’t like.

I asked Charline if she could have asked in prayer to know the truth. But I asked her if she could have asked to know the truth whatever the price to pay would have been. She agreed. But she was serene. She told me she already knew it.
Then without her knowing about it I prayed God: “This is really all I can do. If you have to tell her something please tell her in her dreams”.
Dreams were really the appropriate way. I would have not influenced her in any way. And for me would have been the final sign the ghost voice spoke the truth from the very beginning. Even though after all that happened questioning it was a little too much. Sadly this is how we are when this something is against our convenience.

Next day when she met me she was looking troubled.
I have to tell you what I have dreamed last night, she said.


to be continued...


chapitre 7 : le voyage vers elle




Je souffrais d’une maladie du genre qui change votre vie. Penser être capable de faire un voyage de dix heures de train dans ma condition aurait été comme sauter d’un avion sans parachute, d’aller attraper au vol un autre homme qui en a un et bien sur tout ça sans avoir déjà sauter d’un avion auparavant dans votre vie. Le genre de situations confortables uniquement pour James Bond. Je dis cela juste pour que vous sachiez le degré de difficulté et la probabilité que j’avais de la revoir.

Mais si notre rencontre devait arriver quelque chose l’aurait rendu possible, sinon…si non cette aventure se serait terminée comme franchement je l’attendais. J’étais fatigué d’essayer de gérer des choses de nature étrange, mais bien sur quelque chose me rendait patient. Je dis bien sur puisque l’improbabilité ou sinon l’impossible était entrain de se produire comme un stylo tombe de votre main quand vous le laissez aller.

Je suis de la même espèce que l’apôtre Thomas sans la sainteté. Donc vous pouvez oublier de me faire croire en des choses. Je dois avoir une preuve de première main qui ne doit pas avoir était interprétée. Du même genre que si un vase vous tombe dessus. Ça fait mal. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez sur le pourquoi s’est arrivé, mais c’est arrivé. Je suis plus intéressé dans se qui s’est passé plutôt que du pourquoi. Une raison maintenant ne me donne pas un casque pour ce qui s’est passé avant. Vous pouvez dire que vous avez été béni donc la prochaine fois vous pourrez l’éviter, mais c’est sûr que je ne vais pas porter un casque tous les jours et je préfère certainement souffrir un jour d’un autre improbable vase plutôt que de devenir névrotique et souffrir chaque jour. Je dois ajouter que jamais dans ma vie je n’ai été le genre d’homme nouvel âge qui sentent des choses spéciales et ont des présomptions ou peut-être le vrai don, qui sait, de sentir la réalité d’une manière inconnue par les personnes ordinaires. Non, je suis une personne ordinaire. Donc pas de voix, pas de sixième sens, pas de rêves prémonitoires. N’importe quelle chose de ce style m’aurait seulement fait sentir…vaut mieux aller et chercher de l’aide d’un professionnel. L’expérience de la réalité la moins ordinaire que j’ai eu, a été le cadeau d’une bouteille de vin qui fut combinée avec trop de médicaments que je prenais pour une terrible douleur du dos.

Pour une personne comme moi il n’y a pas beaucoup de complications pour trouver le chemin secret ou la technique de rendre une prière assez valable pour être prise en considération. Non plus me mettre intérieurement dans la meilleure position pour la faire marcher. « Seigneur si tu veux que je revois cette fille rends moi capable d’aller là-bas, sinon laisse moi juste comme je suis. » j’ai juste fait cette simple et directe prière.

Un jour, pendant que je me préparai à aller dehors pour un petit tour la voix fantôme vint de nulle part comme d’habitude disant : « c’est moi qui te l’ai donné, c’est moi qui te l’enlève. »

La pensée fantôme (je suppose que je pourrais aussi l’appeler la pensée fantôme) n’a pas du tout spécifié si c’était à propos de ma condition physique mais j’ai immédiatement senti sans aucun doute que c’était ce dont il était question (pour ceux qui n’ont toujours pas compris ce qu’est la voix fantôme pour moi je me répète : c’était de la même nature des pensées, mais pouvait être sentie assez différemment pour ne pas être confondue avec des pensées normales mais pas assez différente pour être considérée comme quelque chose d’autre et toujours sentie profondément crédible et me laissant avec un profond calme intérieur. J’aurais pu questionner une pensée normale, mais la pensée ou voix fantôme me procurait ce sentiment de non questionnement même si cela concernait des choses rationnellement improbables ou absurdes. Mon questionnement à propos de ce message n’avait aucune force. C’est juste ce que je peux et pourrais dire. Je ne pousse aucune théorie sur qui était la voix fantôme puisque je ne pourrai jamais savoir et je ne veux pas m’ajouter de péché vu que jusqu’à maintenant j’ai déjà fait un bon travail).

Donc à l’intérieur de moi je commençai à croire d’être capable d’aller la visiter. Bien sur je n’étais pas sûr, mais comme d’habitude j’étais poussé par quelque chose. Et poussé par quelque chose j’ai décidé apparemment sans aucune raison de recevoir une bénédiction pour les malades. Donc j’ai contacté des missionnaires qui ont accepté de me donner cette bénédiction. J’étais entrain de les attendre quand je me mis à penser que c’était étrange que la voix fantôme me fasse croire que j’étais guéri pour aller voir Charline et qu’après j’ai une inspiration personnelle de demander une bénédiction pour les malades. Pour moi la signification était que la guérison devait venir d’eux, je supposai.

Mais la voix fantôme se fit entendre : « ce n’est pas pour toi. C’est pour lui. »

Je laisse le sens de cette phrase aux experts. « ce n’est pas pour toi » est d’une compréhension facile, mais « c’est pour lui »…si cela faisait référence à l’un des missionnaires qui vint pour la bénédiction je ne sais pas je ne peux que deviner.

Le jour de mon voyage de trois jours arriva. Je croyais être guéri au moins pour ce voyage, mais entre le croire et être absolument certain…il y a un écart. Donc j’avais la même attitude d’acceptation qu’un condamné à mort a avant d’aller à son exécution. J’étais dans une soumission totale de mon destin même si je pouvais le présager extrêmement dur et désagréable.

Mais il n’y avait rien à faire. C’était comme si j’avais un bouclier. Je ressentais quelques symptômes de ma maladie commencer à se former mais juste avant qu’ils puissent avoir assez de force pour être senti ou créé une souffrance ils furent comme dispersé par une rafale de quelque chose. Quel sentiment incroyable. Je pouvais clairement sentir la présence d’une nature inidentifiable qui gérait toute chose avec un calme immense et force. Vous ressentez ça une fois vous voudriez avoir ce sentiment pour toujours. Vous êtes petit, presque rien mais en même temps invulnérable. Et j’ai senti que tous mes efforts pour participer à ce qui se passait comme un mouvement sans conséquence : il n’y avait pas d’accès pour moi et mes capacités sur cet état.

Deux mondes différents. J’en étais juste un spectateur.

Je coulais dans une complète et profonde admiration de tout ça.

Je ne savais si cela durerait ou pas, mais pour le moment j’étais guéri. J’allais vers elle. Et comme vous pouvez vous y attendre, sa famille, spécialement sa mère était vraiment pleine de joie à propos de moi visitant sa fille.

Pouvez-vous imaginer combien heureuse pourrait être une mère d’une fille de 23 ans qui commence à voir un homme de 42 ans, avec deux mariages derrière lui et plein de tatouages ? Vous connaissez ce genre de joie.

Bien sur je ne m’attendais pas à être accepté. Je n’étais pas fou.

Donc il est inutile de dire que nous sommes passés par de mauvais moments. Mais apparemment plus cela devenait difficile plus quelque chose nous aidait à traverser cette phase. Des personnes qui était remplie de sagesse humaine essayaient de nous séparer faisant constamment la parfaite erreur dans leur discours ou dans leur action pour nous rapprocher encore plus.

Je fus capable de lui rendre visites quelques fois et apparemment je ne souffrais plus de ma maladie. Même si à l’intérieur j’avais peur que ça ne soit que pour pouvoir la visiter. Je m’attendais à voir mon état revenir une fois que j’aurai fait ce que je devais faire. Mais j’espérai que non.

Tout est allé très vite. C’était effrayant puisque ça allait si vite et en même temps si normal. Donc lors de ma deuxième visite je lui ai demandé si elle voulait m’épouser.

Puisque la seule chose raisonnable à faire pour nous vu tout ce qui se produisait était de nous marier nous décidâmes qu’il était mieux pour Charline de venir dans la ville où je vivais, afin qu’elle puisse trouver un travail avant le mariage.

Elle trouva une chambre où rester mais bien sur quelque personne naturellement dotée d’une gentille imagination pensèrent immédiatement qu’elle est venue chez moi afin que nous puissions ensemble perdre l’Esprit en faisant des choses irréligieuses. Vous voyez le genre.

Parfois être jugé sans preuve peut être dur. Ce ne fût pas facile pour Charline de découvrir le bon côté de l’humanité. J’ai vécu avec tout au long de ma vie entière donc pour moi c’était la routine. Rien de surprenant.

Nous étions néanmoins calmement heureux. Notre vie mormone était active comme avant. Elle était enthousiaste comme moi donc nous avions plaisir à être présent aux classes, leçons, chaque dimanche et mercredi après-midi. Mais les choses n’allaient pas rester de cette façon.
Un jour Charline me dit : j’ai eu un rêve bizarre.

« J’étais chez toi. Et dans le prolongement de ton balcon (5eme étage) il y avait un pont tout droit menant nulle part puisqu’il s’arrêtait dans le vide. Plusieurs personne étaient déjà dessus et le parcouraient. Je me suis mise à faire pareil. Je suis allée jusqu’au bout, j’y suis restée un moment, ne trouvant rien je suis revenue sur mes pas. Alors que j’étais sur le chemin du retour, le bout du pont commença à s’effondrer, comme tout le monde autour de moi je me suis mise à courir. Mais le pont s’effondrait plus vite que je ne courrais. Le pont et tous ceux qui y étaient disparaissaient les uns après les autres, tombant dans un vide noir. Voyant ce qui m’attendait je me suis mise à courir encore plus vite. Alors que j’étais presque arrivée, le sol s’effondra sous mes pieds, c’était trop tard. J’étais entrain de tomber …et venant de nulle part tu as attrapé ma main, arrêté ma chute et m’a remonté sur ton balcon. Tu m’as sauvé. Un rêve paraissant tellement réel qu’il m’a fait peur. Heureusement que tu étais là.»

Ce rêve était trop explicite pour moi pour ne pas faire la connexion avec la première phrase de la voix fantôme.

Je ne devais pas oublier la dernière partie. Maintenant c’était directement elle avec son rêve qui me rappelait de ne pas l’oublier.
« Charline je pense qu’il y a un gros problème. J’ai une raison très profonde de croire que nous avons quelque chose à considérer très sérieusement. »
J’ai senti que je devais parler à Charline de la voix fantôme, et de sa première phrase. Je lui ai dit que la dernière partie n’avait aucun sens pour moi, mais maintenant pourquoi elle devait faire ce rêve et pourquoi elle devait me le raconter ? je lui ai demandé pourquoi je devais le faire et comment aurais-je pu être capable de le faire puisque je ne savais même pas la raison puisque pour moi il n’y avait pas de raison pourquoi je devais faire quelque chose comme ça. Je lui ai dit que ça me troublait vraiment.

Elle n’était pas du tout secouée. Comme si elle était absolument sûre que mon inquiétude n’avait pas de sens. Elle a dit qu’elle ne pensait pas que j’ai quelque chose à faire parce qu’elle en voyait la nécessité et si j’avais réellement quelque chose à faire le Seigneur me montrerai comment. Donc nous l’avons juste laissé couler avec le temps et ne pas trop y croire était son option préférée.

Le rêve de Charline avait été un très gentil rappel. Mais que je n’y prête pas attention apparemment n’était pas autorisé, donc très rapidement j’ai commencé à perdre ma paix intérieure.
J’étais pressé de faire quelque chose que je ne savais pas. Et ce qui devenait plus clair pour moi était le risque absolument désagréable et non bienvenu : notre séparation.
Je ne pouvais avoir aucun repos. Toutes les choses devenaient claires et aussi le risque que je la perde.
Je ne pouvais plus accepter le déni de la dernière partie de la première phrase de la voix fantôme. Même le sentiment d’essayer de le faire était absolument insupportable. C’était comme si j’étais tout d’un coup rendu intolérant de mon propre déni.
J’ai dit à Charline que nous devions faire quelque chose ensemble. Toute chose devait arriver à sa fin, toute chose devait être achevé peut importe ce que c’était et cela devait être fait maintenant. Voie sans issue : plus de temps restant.

J’étais vraiment sûr que ce qui se serait produit aurait été un grand risque de séparation immédiate pour nous ou aurait posé les fondations d’une séparation future. J’étais dans la salle de bain prêt à prendre une douche et pensant au futur qui aurait été vraiment inconvénient pour moi. « je t’ai fais libre. Si tu l’aimes, rend la libre. »
La voix fantôme avait raison. Mais autoriser la liberté est un risque majeur, puisque la gestion de la liberté et une tâche à risque dont les résultats sont complètement hors de contrôle. Mais l’amour je crois est aussi accepter le risque de perdre l’amour des êtres aimés.
Et c’était la dernière fois que j’ai eu la voix fantôme. C’était sa dernière phrase.
Bien sur je devais le faire, il n’y avait pas d’importance que je perde tout, je devais tout faire. Je ne pouvais éviter de faire juste ce que je ne voulais pas.
J’ai demandé à Charline si elle pouvait demander de savoir la vérité dans une prière. Mais je lui ai demandé qu’elle précise de connaitre la vérité peut importe le prix à payé qu’il faudrait. Elle fut d’accord. Mais elle était sereine. Elle me répondit qu’elle le savait déjà.
Puis sans qu’elle ne le sache j’ai prié Dieu : « c’est vraiment tout ce que je peux faire. Si tu dois lui dire quelque chose s’il te plait dit lui dans ses rêves. »
Les rêves étaient vraiment le moyen approprié. Je ne l’aurai influencé d’aucune manière. Et pour moi ça aurait été le signe final que la voix fantôme avait dit la vérité depuis le début.
Bien qu’après tout ce qui s’est passé la questionner était un peu trop. Malheureusement c’est ainsi que nous sommes quand les choses ne sont comme cela nous arrangerait.

Le jour suivant quand elle me rencontra elle avait l’air troublé.
Je dois te raconter de quoi j’ai rêvé la nuit dernière, elle a dit.

A suivre...

chapter 6 : a miracle




You can have an accident with your motorcycle hitting a couple of cars with your body and crash with your head the front of a truck and not dying.


You can hit about ten cars, and not even understanding what is going on but you don’t have a scratch..


You are on a plane looking at its back engine (for the passionate a DC9 plane) while it suddenly starts being enveloped by flames, but you survive.


And… all these things are not miracles.


Years ago, somebody I know had a trip to Fatima. I have to say I knew the name of this place had something to do with Jesus mother apparition, but I didn’t know more about it than most of us. Today is very easy to find documentation thanks to internet. Fatima is the story of the apparition of this very special lady to three shepherd children. The thing that I didn’t know was this Lady promised a miracle for the last of her apparition and specified the date. You can imagine how people would react to this kind of announcement: believers and non believers would gather there on that day. The believers ready to reinforce their faith if what has been promised would produce non believer to comfort their position if nothing would have happened. So at the end in that day there were about 70.000 people, including reporters and newspapers. And something really happened and this something was called the miracle of the sun.


It was for me a miracle…maybe…but I couldn’t care less.


So it seems I was miracle proof.


The reason was quite simple: I was already living a truth and was a very convincing one. It was the truth of an inner world made of feelings, made of what I felt it was good and profitable for me and what instead was bad and inconvenient: I was living the evangel of myself.


You can read and do whatever you like: at the end at the best you would end up believing in the wrong things that make you feel better.

I had a miracle. And this miracle was working like a cancer spreading inside my old being and destroying it little by little.
And the more it was destroying me the more my heart was opening, and the more my heart was opening the more strange things were happening to support me.

But I was not seeing angels yet.

chapitre 6 : un miracle




Vous pouvez avoir un accident avec votre moto heurtant deux voitures avec votre corps que votre tête s’écrase sur le pare-choc d’un camion et ne pas mourir.


Vous pouvez frapper une dizaine de voitures, et sans même comprendre ce qui est entrain de se passer mais vous n’avez pas une égratignure.


Vous êtes dans un avion regardant vers l’arrière de l’engin (pour les passionnés un avion DC9) quand il est soudainement enveloppé par des flammes, mais vous survivez.


Et…tous ces évènements ne sont pas des miracles.


Il y a des années, quelqu’un que je connais a fait un voyage à Fatima. Je dois dire que je connaissais le nom de cet endroit qui avait eu quelque chose à voir avec une apparition de la mère de Jésus, mais je n’en savais pas plus comme la plupart d’entre nous. Aujourd’hui il est très facile de trouver de la documentation grâce à internet. Fatima c’est l’histoire de l’apparition d’une femme très spéciale à trois enfants de bergers. La chose que je ne savais pas c’est que cette femme promis un miracle lors de sa dernière apparition et elle en spécifia la date. Vous pouvez imaginer comment les personnes réagiraient à ce genre d’annonce : croyants et non croyants se rassembleraient là-bas en ce jour. Les croyants prêts à renforcer leur foi si ce qui avait été promis se produirait non croyants pour conforter leur position si rien ne se produirait. Donc à la fin de cette journée il y avait dans les 70 000 personnes, dont des reporters et journalistes. Et quelque chose se produisit vraiment et cette chose fut appelée le miracle du soleil.
C’était pour moi un miracle…peut-être…mais je ne pouvais pas en avoir plus rien faire.


Donc il semble que j’étais imperméable aux miracles.


La raison était plutôt simple : j’étais déjà entrain de vivre une vérité et c’en était une très convaincante. C’était la vérité d’un monde intime fait de sentiments, fait de ce que je sentais être bon et profitable pour moi et ce qui au contraire était mauvais et inconvénient : je vivais l’évangile de moi-même.


Vous pouvez lire et faire ce que vous voulez : à la fin au mieux vous finirez croyant dans les mauvaises choses qui vous font sentir mieux.


J’avais eu un miracle. Et ce miracle travaillait comme un cancer se propageant dans mon ancien être et le détruisant petit à petit.
Et plus il me détruisait plus mon cœur s’ouvrait, et plus mon cœur s’ouvrait plus des choses étranges se passaient pour me soutenir.


Mais je ne voyais pas encore des anges.

dimanche 9 janvier 2011

Chapter 5 : Holidays Season




Arght !! These are the worst end of the year holidays of my entire life. Everything started in a wrong way and ended even worse! It is not because it is vacation time that we are on vacation, we as missionaries we don’t have holidays, and every day has to be used to good work for spreading our belief.
And Christmas time is everything except the preferred moment for people to see us at their doors. On that special date we didn’t have any appointment to meet with anybody, but no appointment is really good news when it means you have to spend your day out doing door to door when temperature is 23°F. Eight hours door to door is a long time when there is nobody willing to listen.

In the meantime we had beginning to work on a building, we heard (we were two, me and my colleague), some voices coming from the lower floor, we had a sneak look from the stairs to see what it was about. Oh no!!! Some Jehovah witnesses, can’t be true, Jehovah witnesses in the same building!? There is nothing worse than knocking at a door right after them.
So in this case the strategy to adopt is one and simple: to change building and fast. And this is what we have done. We had already worked on some door when we heard again some voices coming from the lower floor…no, this cannot be possible, two building in a row…we had a quick look….NOOOO!!!! It can’t be true!!!!! They do it on purpose or what? They are everywhere this Jehovah witnesses; they can’t leave few buildings for us? That is it, we went on for a 20 minutes’ walk to find for our next building seeing that apparently we were on their territory.
Unfortunately the building we had found was not a better deal. It was the worst of my all mission. Not even one friendly door, nor even an educated one, just insults, bad words and shouting, and dogs barking ready to jump on us, slamming doors. Each door had its horror.

The day went on, and I spare you the details of the drunk men that were after us. The only reasonable thing left us to do was going back to our apartment earlier then expected. What a bad day, our apartment was waiting for us, warm and comfortable…the first thing we’ve notice was the light through the beep hole. I said to my colleague: “haven’t you turned the light off?” and she:”yes” while turning at the same time the key in the lock. And there we started starring at the lock that was all turning with the key…and it falls on the hand of my colleague! Oh no! At once we understand what was happening and we step back. Hum… somebody else had found our apartment warm and comfortable and had the good idea to visit it…What a great chock we had when we found our apartment completely messed up like after a major earth quake… Nothing had been stolen. We asked ourselves what they were looking after.

After all this happening I wanted only one thing: leaving Geneva

You should know that when you are a mormon missionary every 6 weeks you have the possibility to change the town of your destination (but it is not something that we can personally do, neither when we go, where we go or who will be our colleague; this assignment is reserved to our president). So, for the last next 6 weeks of my mission, I have asked my president if he could change the city of my assignment. Staying there was out of the question. Unfortunately my president was not seeing things my way. “ If all these things are happening to you and push you to leave this only means that you have to stay, it is only opposition” (opposition is a term we use saying when the evil makes us difficult to keep the right path. When it gives us or put us in a position to make a bad judgment or to make the wrong choice). Great, I had to spend the last 6 weeks of my mission in Geneva…I was far from imagine all the strange things that would have happened to me. And my president made this possible.

It didn’t take long for my bad mood to change. Next Sunday I had the pleasant surprise to be able to talk again to the tattooed man, or « miracle man » as we missionaries were calling him. Yes, miracle man, since we should agree that if somebody alone from his own will ask us to be taught, it is like a miracle. I had to say it was more interesting to go to our Sundays meetings since with all his questions and remarks he was putting a special atmosphere. The last thing we can say is that he was the same of the other new people that were coming.
Once during a lesson on our marriage view, « miracle man » asked many questions. At the end of this lesson I asked him: « You have made many question about divorce. Have you already been married? »
-Yes, twice.
- Have you had any child?
-No, since any of the women I have been married with I could see as mother of my children
“Me, I could be very happy to be the mother of his children”. Out of the blue this sentence came out alone in my head. This chocked me. After I felt bad and said to myself “he, are you ok? You are a missionary ! Stop this kind of delire, what’s wrong in your head?” But really this sentence came out absolutely alone and it seamed so natural and so right, it is for this reason that made me sick. I am a missionary, he is old, I am not interested in him at all, no, no, and no. It is better I don’t talk to him anymore.

Unfortunately I didn’t really managed not to talk to him anymore, every Sunday we were sitting one facing the other and even though I were finding stupid excuses such as organizing and storing the Hims books, he always came to me if not for few seconds and this sentence was showing up again. So that whenever I was in presence of him, I was mentally focusing with all the things that I didn’t like of him. “He is old…He is 19 years older then you…he is already advanced in his age…” I couldn’t find many things to reproach to him except his age. I was doing my best to see him as I should have seen him, and I almost had managed to do it until that evening…

The 13th of February we had a very special happening, and at the end of this meeting, Max came to see me and ask an advice: “I have bought a telephone for a lady and I would like to know what do you think about to know if I have made a good choice”. It was at that same moment that an incredible jealousy set me on fire. Who was this lady? And after it came sadness: of course tomorrow is St.Valantin’s day, what do you think? For sure he has a girl friend, can’t you see how he is good? He is handsome, he is fun, he has some conversation, he is kind… interesting men like this are never alone. It was from that moment that I have realized that maybe at the end I liked him a little more then I should have.

It was the last Sunday of my mission, in 3 days I would have come back home and would have finished to be a missionary. This sentence that came out in my mind was annoying me quite a lot. I had the need to know if I had invented it or not. It was the day Max was receiving his confirmation. I said to myself ok if the bishop at the moment of his confirmation he’s going to talk to him about marriage this would mean that I am really the wife of his children. A man already married twice, of 42 years old, how many chances he has that in his confirmation they talk about marriage? Not a lot.
It has been already few minutes the bishop was talking and his speech was getting to its end and nothing… when after a pause he said his last sentence:” …if it his your will and the will of the Lord, then you could get married…” What???? Oh my goodness. If as it was not enough I wanted to pass it trough another test. Ok then it is true only if he is going to ask me what is my name And I was already going away when he said to me:”Since you are almost finished, I could know what is your name?”

I couldn’t believe, since even if I like him, I can’t see how a man like him could be interested in me? At his eyes I am only a young girl. It is not possible. It must be me. Everything is on my head. I have a great imagination.
It could never work between us (and then there is always this lady he bought the telephone for!) and then I had some guys that were “waiting” for my coming back home, then … then nothing let’s forget about it…

I was asking to myself how could I have done with these guys that were “waiting” for me. (In my head Max was not a possibility, then I didn’t think about him for a moment). I felt nobody was the right one, I couldn’t feel anything.

Before coming back home we as missionary have a last meeting with our mission president, in which meeting in general he talks about marriage. He asked me if I had somebody waiting for me, and I didn’t know what to answer, yes, I said, I don’t want.

After that I went with my mother to the temple, (the temple is the good place to ask questions, pray and talk to the Lord), and then I exposed Him my problem, I have some guys but I don’t feel them, I don’t know who to choose, since finally I don’t really like any of them, could You help me to choose?
You know I will be blocked with my sister; I don’t want to loose my time with a guy.

It was at that moment that I remembered of a lady in the street of Geneva, while we were going back to our apartment, she had stopped us and started to talk to us.
She was one-eyed and she then explained us she didn’t need her eyes for she had a gift, she could see through people, she was talking to me then all of a sudden gave a glance to my colleague and said things that it was not possible being more real! It was like she knew her, it really shocked me. Then this lady came to me and said: “You don’t worry young lady, our Lord has prepared a men for you, he is waiting and you are going to meet him soon, and she told me I had to be good to recognize him, since it was not going to be easy, she said I could have done as in Genesis 24 of the Bible, for Rebecca and Isaac: she will be the first that will propose him some water, she said the first” this shocked me.

Then since I was in the temple I asked if the first guy that would have written me could be the good one, so I could put my interest on him and not losing my time…I have felt well after this so I felt it was a good idea, I thought if was none of the guys which I was thinking about none of them would have write to me.

Before I have left, Max offered me a box, asking me not to open it until I would have finished being a missionary. I had to wait FIVE DAYS before opening this box!!! I couldn’t wait. Why I had to wait until I was not a missionary any more to open it? What was inside it???Argh, I am so curious and that waiting was horrible. Of course it was the first thing I did after I have been relieved from my missionary assignment.
With some nice presents (of which there was a telephone, ah,ah, it was me the lady, he doesn’t have a girl friend, yes!) and with a lot of elegance, he wrote me a letter telling me he would have liked to see me again…As soon as I opened the presents I understood that he liked me more than a little, and without giving me the time to realizing what he wrote me, my sister and then my mother came. They soon understood of what and of who was all about, and with no surprise considering the man in question, they have created such a beautiful atmosphere of acceptance of him and his gift that I was naturally taken from the decision of writing him saying that nothing would ever be possible between us considering our age difference.

But while I was opening my e- mail box, only one e-mail was waiting for me.


Miracle man had written me... and next day as for an unexpected stroke of luck all the other guys wrote me to say they had found another girl.



to be continued...

Chapitre 5 : fêtes de fin d'année




ARGHT !! Ce sont les pires fêtes de fin d’année de toute ma vie. Tu parles d’un nouvel an. Tout a mal commencé et s’est enchainé jusqu'à l’apothéose ! Déjà ce n’est pas parce que se sont les fêtes que nous sommes en vacances, non nous n’avons pas de vacances en tant que missionnaires, nous devons utiliser chaque journée avec du travail efficace : partager nos croyances avec les autres. Et noël c’est tout sauf le moment préféré des gens pour nous voir à leur porte. Donc cette fameuse journée, nous n’avions aucun, mais aucun rendez-vous, nous devions passer toute la journée dehors par -5° à faire du porte à porte, 8h de porte à porte c’est long, surtout quand personne ne veut nous écouter.


Alors que nous avions commencé un bâtiment, nous entendons avec ma collègue des voix à l’étage inférieur, nous nous penchons par-dessus les escaliers pour voir de quoi il s’agit. OH NON !!!! Des témoins de Jéhovah, c’est pas vrai, dans le même bâtiment !? Rien de pire que de frapper à une porte juste derrière eux, on a encore moins de chance de trouver des gens disposés à nous écouter.
Sur ce, nous changeons illico presto de bâtiment. Alors que nous avions déjà fait quelques portes, de nouveau nous entendons des voix à l’étage inférieur,…non, quand même pas, pas dans deux bâtiments d’affiler…on se penche et… « AH MAIS C’EST PAS VRAI ! Ils le font exprès ou quoi ? Ils sont partout ces témoins de Jéhovah, ils ne peuvent pas nous laisser des bâtiments ? »

Bon du coup on marche bien 20 minutes pour trouver notre prochain bâtiment, vu qu’apparemment nous étions dans leur coin. Malheureusement le bâtiment dans lequel nous avions atterri n’était pas mieux. C’était le pire de toute ma mission, pas une seule porte affectueuse, ou juste polie, non que des insultes, des gros mots, des cris, des chiens qui nous sautent dessus, des claquages de portes, chaque porte une horreur.

La journée se poursuit, je vous passe les détails des hommes ivres qui nous ont embêtés. N’y tenant plus nous rentrons chez nous plus tôt que prévu. Saleté de journée, vivement notre appartement chaud et confortable... tout de suite en arrivant je remarque la lumière a travers le judas ça ce n'est pas normal, je dis à ma collègue : « vous avez pas éteint la lumière ? » elle : « si » tout en même temps elle tourne la clef dans la serrure. Et là on regarde avec étonnement que toute la serrure tourne avec la clef et …pouf la serrure tombe carrément entièrement dans la main de ma collègue ! Oh non ! Tout de suite on comprend et on fait un pas en arrière.Hum visiblement quelqu’un d’autre avait dû trouver notre appartement chaud et confortable et avait eu la bonne idée de le visiter…Quel choc nous avons eu de retrouver notre appartement sans dessus dessous, pas une seule chose n’était restée à sa place. Toutes nos affaires avaient été passées au peigne fin. Rien ne nous a été volé aussi nous nous sommes demandé ce qu’il ou ils étaient venus chercher.


Suite à tous ces événements je ne voulais qu’une chose : quitter Genève.


Il faut savoir que quand vous êtes missionnaire, vous avez la possibilité toutes les 6 semaines de changer de ville (mais ce n’est pas nous qui choisissons, ni quand on part, ni où on va et qui sera notre collègue, cette tâche incombe à notre président). Aussi pour les 6 dernières semaines de ma mission, j’ai demandé à mon président de me bouger de cette ville. Hors de question que j’y reste ! Malheureusement mon président ne le voyait pas de la même manière : « Si toutes ces choses vous arrivent et vous donne une telle envie de partir, cela veut seulement dire qu’il faut justement que vous restiez, ce n’est que de l’opposition. » (opposition est un terme que nous utilisons pour quand le diable fait de son mieux pour éloigner du bon chemin. Quand il nous donne ou met dans une position de faire un mauvais jugement ou de faire un mauvais choix). Pfff, génial… je vais devoir passer mes 6 dernières semaines en tant que missionnaire à Genève…J’étais alors loin de m’imaginer toutes les bizarreries qui allait m’arriver en 6 semaines. Et mon Président de mission a permi que tout cela se produise.


Mon humeur si maussade est pourtant vite passée. Le dimanche suivant j’ai eu l’agréable surprise de pouvoir reparlé au tatoué, ou « miracle man » comme nous les missionnaires l’appelions. Oui l’homme miracle, car il faut avouer que quelqu’un vienne de lui-même nous demander de l’enseigner, cela tient du miracle. Je dois avouer que j’ai apprécié encore plus assister aux réunions, car avec toutes ses questions et remarques il mettait de l’ambiance ! Il avait toujours un point de vue si différent de nous, qu’il me faisait réfléchir et élargir ma vision. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il était différent de toutes les autres nouvelles personnes qui venaient.


Un dimanche nous avions eu une leçon sur le mariage durant laquelle « miracle man » avait posé beaucoup de questions sur notre vision du divorce. Aussi à la fin de la leçon, je lui ai demandé : « Vous avez posé beaucoup de questions sur le divorce. Vous avez déjà été marié ?
- Oui, deux fois.
- Vous avez eu des enfants ?
- Non car aucune des femmes avec qui j’ai été marié je ne les voyais pas comme la mère de mes enfants. »
"Moi je serai très heureuse d'être la mère de ses enfants", sans y réfléchir cette phrase est venue toute seule dans ma tête, mais ça m'a choqué! Après je me suis sentie mal je me disais "hé ho, ça va pas toi ! T'es missionnaire ! T'arrêtes un peu tes délires, ça va pas la tête", Mais vraiment la phrase est venue toute seule et semblait si naturelle et si bien, c'est pour ça que ça m'a rendue malade. Je suis missionnaire, il est vieux, et je suis pas du tout intéressée, non, non, non. Il est préférable que je ne lui parle plus.


Malheureusement je n’ai pas vraiment réussi à ne plus lui parler, chaque dimanche nous étions assis l’un en face de l’autre et bien que je trouve des excuses bidons pour lui échapper (comme ranger les cantiques), il venait toujours me parler et cette saleté de phrase me revenait. Du coup dés que j’étais en sa présence, j’énumérai mentalement les choses que je n’aimais pas chez lui : « il est vieux, …et il a 19 ans de plus que toi…il est déjà bien avancé en âge…s’il était plus jeune, … » oui je n’arrivai pas à lui reprocher autre chose que son âge. Je faisais de mon mieux pour ne le voir que comme je devais le voir et j’avais presque réussi à me convaincre jusqu'à ce soir là…


Le 13 février nous avions eu une réunion très spéciale, à la fin de cette réunion Max est venu nous voir pour nous demander un conseil. « J’ai acheté ce téléphone pour une fille et j’aimerai avoir l’avis féminin pour savoir si j’ai bien choisi » C’est alors qu’est monté en moi une jalousie pas possible : c’est qui cette fille ? Puis une tristesse, bah oui demain c’est la Saint-Valentin, tu crois que quoi ? Bien sur qu’il a une copine, t’as pas vu comme il est bien ? Il est hyper beau, très drôle, il a de la conversation, il est intelligent, gentil,…Les garçons intéressants ne sont jamais célibataire. C’est à partir de ce moment là que j’ai réalisé que finalement peut-être que je l’aimais un peu plus que j’aurai dû…


C’était mon dernier dimanche en mission, dans 3 jours je rentrerai chez moi et cesserai d’être missionnaire. Cette phrase qui était venue dans ma tête me gênait beaucoup. J’avais besoin de savoir si je me l’étais inventé ou pas. C’était le jour de la confirmation de Max. Du coup je me suis dit, ok si l’évêque lors de la confirmation parle de mariage cela voudra dire que je suis vraiment la mère de ses enfants. Un homme déjà 2 fois marié, qui a 42 ans, a combien de pourcentage de chance pour que lors de sa confirmation on lui parle de mariage ? Très peu. L’évêque parlait déjà depuis plusieurs minutes, je savais qu’on se rapprochait de la fin, et toujours rien…quand, après une pause il a dit sa dernière phrase : « si c’est votre volonté et celle du Seigneur, alors vous pourrez vous marier... » Quoi ????? Mince, mince.

Comme si ce n’était pas suffisant, j’ai voulu une autre « preuve » ok, ce n’est vrai que s’il me demande mon prénom. Alors que j’étais entrain de partir, il me dit : « puisque vous avez presque fini, est ce que je peux savoir votre prénom ? » C’est pas vrai ?! J’y crois pas, même s’il me plait, comment un homme comme lui pourrait s’intéresser à moi ? Hein ? A ses yeux je ne suis qu’une gamine. Non ce n’est pas possible. C’est moi. Tout est dans ma tête. J’ai une imagination débordante. Comme si ça pouvait être vrai. Ça pourrait jamais marcher (et puis y a toujours cette fille pour qui il avait acheté le portable !) et puis moi j'avais des garçons qui "attendaient" mon retour, donc bon ça va, oublions, passons...


Je me demandais vraiment comment j'allais faire avec ses garçons qui « m’attendaient » (dans ma tête Max n'était pas une possibilité donc je ne pensais pas du tout à lui). Je sentais qu’aucun n'était le bon, je ne le sentais pas.


Avant de rentrer chez soi, nous avons un dernier entretien avec le président de mission où en général il parle du mariage. Il m’a alors demandé si j'avais quelqu'un qui m'attendait, je ne savais pas quoi répondre, oui mais j'en veux pas. Après je suis allée au temple avec ma mère, (le temple c'est le bon endroit pour poser des questions, prier et parler avec Dieu), alors je Lui ai exposé mon problème, j'ai ces garçons, mais je le sens pas, je ne sais pas lequel choisir, puisque finalement aucun d'eux ne me plais vraiment, est ce que Tu ne pourrais pas m'aider à choisir ? Tu sais que je vais être bloquée chez ma sœur, j'ai pas envie de perdre mon temps avec un garçon pour rien.

C’est alors que je me suis rappelé d’une dame dans la rue à Genève, alors que nous rentrions chez nous, elle nous avait arrêté et avait commencé à nous parler.Elle était borgne et elle nous a dit qu'elle avait pas besoin de ses yeux car elle avait un don : elle pouvait voir à travers les gens, elle ne me parlait qu'à moi, puis à un moment elle a regardé ma collègue et elle a dit des choses sur elle trop vraies, comme si elle l'a connaissait, ça m'a choqué, mais vraiment, puis cette dame s'est tournée vers moi et elle m'a dit :"ne vous inquiétez pas jeune fille, Dieu vous a préparé un homme, il vous attend, vous allez le trouver bientôt, elle m'a dit que je devrais bien le reconnaitre, car ça ne sera pas facile, elle m'a dit que je pouvais faire comme dans genèse 24 de la Bible, pour Rebecca et Isaac : ça serait la première qui lui donnerait à boire, elle m'a dit, le premier" ça m'a choqué. Alors puisque j’étais au temple j'ai demandé que ce soit le premier garçon qui m'écrive qui soit le bon, je ne m'intéresserai qu'à lui pour ne pas perdre mon temps... je me suis sentie bien donc j'ai su que c'était une bonne idée, je me suis dit que si c'était aucun des garçons auxquels je pensais j'en aurais aucun qui m'aurait écrit.


Avant que je ne parte, Max m’avait offert une boite, me demandant de ne l’ouvrir que quand je ne serai plus missionnaire. CINQ JOURS j’ai dû attendre avant de pouvoir enfin ouvrir cette boite !!! J’étais trop impatiente. Pourquoi est ce que je devais attendre de ne plus être missionnaire pour l’ouvrir ? Qu’est ce qu’il y avait dedans ??? Argh, moi qui suis hyper curieuse c’était horrible. Bien sur, ce fut la première chose que je fis une fois relevé de ma tâche de missionnaire.
Avec de jolis cadeaux (dont un téléphone, ah ah c’était moi la fille, il n’a pas de chérie, yes !) et avec beaucoup d’élégance, il m’avait écrit une lettre me disant qu’il aimerait bien me revoir…A peine avais-je ouvert les cadeaux et compris qu’il m’aimait plus que bien, ne me laissant pas le temps de comprendre réellement ce qu’il m’avait écrit, ma sœur puis ma mère sont arrivées dans la pièce. Elles ont vite compris de quoi et de qui il s’agissait, évidement vu le personnage en question, elles ont créé une si belle ambiance d’acceptation de lui et de son geste, que je pris naturellement la décision de lui écrire lui disant que rien n’était possible entre nous, vu notre différence d’âge.


Mais lorsque j’ouvris ma boite email, un seul email m’attendait. Miracle man, m’avait écrit…et comme par hasard, le lendemain tous les autres garçons m’avaient écrit pour me dire qu’ils avaient trouvé une autre fille.



à suivre...